#MarcheouCrève

Les Géants du web contre l’industrie musicale

Évidemment vous avez lu et entendu plein de choses sur les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) qui se sont attaqués à l’industrie de la musique. Spotify a installé un nouveau modèle derrière lequel Apple a couru avec Apple Music.

Aujourd’hui, je rebondis sur l’interview sur Le Monde du PDG du label de Naïve, label qui a depuis été repris par une plateforme de distribution de contenu (Believe). Son discours m’inquiète un peu car j’ai l’impression qu’ils n’ont toujours rien compris.

 

L’argument principal de son PDG, Patrick Zelnik, c’est de dire que les plateformes ont changé totalement de modèle de distribution de la musique mais nous sommes plus légitimes car nous finançons et soutenons la création.

Selon moi, il a totalement total tort. Si l’industrie musicale a autant souffert de l’innovation et de l’arrivée des technologies digitales, c’est d’une part par arrogance et d’autre part par incompréhension totale du changement en cours.

Les GAFA (notamment Apple) ont totalement révolutionné le schéma de distribution de la musique. Quand Steve Jobs, avec iTunes, a décidé d’arrêter la vente à l’album, mais de permettre l’achat de la « music only » (uniquement le titre qui vous intéresse), quand il a déterminé le  prix pour l’album et pour le titre, quand il a permis aux gens de fragmenter leur consommation de musique, l’industrie musicale qui était déjà sur le déclin en raison du piratage, a totalement mésestimé ce qui était en train de se passer, c’est-à-dire un profond changement dans le rapport qu’on a à la musique et dans la manière dont on la consomme.

Steve Jobs l’avait compris avant tout le monde et il a utilisé cela pour installer une nouvelle façon de distribuer la musique. L’industrie musicale a regardé cela de très loin, en pensant que cela serait anecdotique, et a signé les accords avec Apple en se disant que cela ne représenterait pas un grand pourcentage des ventes par rapport au schéma de distribution traditionnel.

Première erreur sur l’observation de leurs contemporains et de leurs consommateurs ! Ils n’ont pas cru à la musique numérisée et à la nouvelle façon de consommer la musique.

 

Deuxième erreur sur les propos du PDG de Naïve, c’est qu’il indique financer la création.

À une époque, pour produire de la nouvelle musique, il fallait beaucoup d’infrastructures (studio d’enregistrement, matériel, …) pour enregistrer ses maquettes et les envoyer aux maisons de disques.

Tout cela est terminé parce qu’aujourd’hui avec un Mac, n’importe qui peut enregistrer un morceau de musique chez lui, le mettre en ligne sur Soundcloud, sur YouTube ou sur Facebook, attirer de l’attention autour de ça.

La relation avec l’audience a été désintermédiée car on n’a plus besoin d’être financé pour sa création.

L’artiste George Barnett représente parfaitement bien cette mouvance autour de la création home-made. N’hésitez pas à consulter les vidéos qu’il fabrique tout seul chez lui et dans lesquelles il tourne la manière dont il compose ses morceaux et dont il recherche ses idées. Il met en exclusivité ses nouvelles créations auprès de sa communauté.

 

En résumé, l’industrie n’a pas compris le nouveau comportement de leurs consommateurs dans la distribution et la façon de consommer la musique et ne comprend toujours pas que sa position n’est plus de financer la création en abaissant le coût d’accès à la création.

Les labels ne doivent-ils pas devenir des agents de talents ? À savoir devenir des coaches avec des community managers très fins dans leur connaissance musicale, les détecter, rentrer en discussion avec eux, leur donner les moyens de continuer à produire chez eux avant de les aider à aller sur le marché.

C’est inquiétant de voir cette industrie qui n’a pas compris ces deux disruptions du marché. Que pensez-vous du rôle à tenir par les labels de musique ? J’attends vos avis dans les commentaires.

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